Affaire Aramburu, Loïk Le Priol fait appel de sa condamnation à 26 ans
Loïk Le Priol a fait appel de sa peine de 26 ans de réclusion, trois jours après Romain Bouvier : un second procès d’assises devra se tenir.
L’affaire Federico Martin Aramburu connaîtra un second épisode judiciaire. Loïk Le Priol, 32 ans, a interjeté appel le lundi 5 octobre contre la peine de 26 ans de réclusion criminelle qui l’a frappé pour avoir tué l’ancien rugbyman argentin, tué par balle à Paris en 2022. Son coaccusé, Romain Bouvier, avait engagé la même démarche trois jours plus tôt. La décision rendue en septembre n’est donc pas définitive.
En bref
- Loïk Le Priol, 32 ans, a interjeté appel le lundi 5 octobre contre la peine de 26 ans de réclusion criminelle qui l’a frappé pour avoir tué l’ancien rugbyman argentin, tué par balle à Paris en 2022.
- Ils ont en revanche écarté toute volonté de tuer, en invoquant soit la peur éprouvée durant la rixe, soit les séquelles d’un syndrome de stress post-traumatique.
- La réponse ne viendra qu’avec l’audience d’appel, dont le calendrier reste à faire connaître.
Deux condamnations, deux appels
Le premier procès s’est tenu devant la cour d’assises de Paris, du 7 au 25 septembre. D’après Midi Libre, qui présente Loïk Le Priol comme un ancien militant d’extrême droite, les peines prononcées sont un peu inférieures à celles que l’accusation avait demandées.
- Romain Bouvier : 19 ans de réclusion pour tentative de meurtre, contre 20 ans requis.
- Loïk Le Priol : 26 ans de réclusion criminelle pour meurtre, contre 27 ans requis.
Dans les deux cas, l’écart avec les réquisitions est d’une année. Les deux recours successifs suffisent néanmoins à rouvrir l’ensemble du dossier devant une autre juridiction.
Les faits retenus par la cour d’assises de Paris
Les faits remontent à la nuit du 18 au 19 mars 2022, dans le quartier parisien de Saint-Germain-des-Prés. Les deux articles consultés décrivent une altercation entre trois hommes, puis une succession de coups de feu en peu de temps. Selon La Dépêche, la dispute a commencé sur la terrasse d’un établissement situé boulevard Saint-Germain.
- Romain Bouvier tire en premier, à quatre reprises, et blesse la victime, âgée de 42 ans, notamment à la cuisse.
- Moins d’une minute plus tard, Loïk Le Priol tire à son tour six fois en quatre secondes. Federico Martin Aramburu est mortellement touché.
Dix coups de feu au total, donc, dont les deux hommes ont été déclarés responsables. Les débats ont porté moins sur l’identité des tireurs que sur leur intention.
Une défense centrée sur l’intention
Pendant toute la durée du procès, les deux accusés ont reconnu avoir tiré. Ils ont en revanche écarté toute volonté de tuer, en invoquant soit la peur éprouvée durant la rixe, soit les séquelles d’un syndrome de stress post-traumatique.

Les jurés n’ont pas retenu la préméditation. Midi Libre relie ce choix à l’altercation survenue quelques minutes plus tôt. C’est ce qui explique que la qualification retenue soit celle de meurtre pour Loïk Le Priol et de tentative de meurtre pour Romain Bouvier, et non celle d’assassinat ou de tentative d’assassinat.
Pour le procès en appel, les avocats des deux hommes veulent notamment remettre en cause le profil idéologique très marqué que la première instance a attribué à leurs clients, selon La Dépêche.
Ce que change un appel aux assises
Quand un appel est formé contre une décision de cour d’assises, l’affaire est de nouveau jugée devant une autre cour d’assises. Les magistrats et les jurés sont renouvelés, et les débats reprennent à zéro. Une condamnation prononcée en première instance et frappée d’appel ne peut pas être considérée comme définitive, et les personnes concernées restent présumées innocentes tant qu’une décision définitive n’est pas rendue. Les deux articles consultés ne précisent pas la date de ce futur procès.
Le recours comporte aussi un risque pour les accusés. La Dépêche rappelle que la nouvelle juridiction n’est pas liée par le premier verdict. Elle pourrait donc réexaminer les circonstances, requalifier les faits en assassinat et en tentative d’assassinat, et aller jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité. Il s’agit d’une hypothèse évoquée par le quotidien, pas d’une issue acquise.
Midi Libre pose la même question en d’autres termes : la préméditation, écartée en septembre, pourrait-elle finalement être retenue ? À l’inverse, les accusés espèrent convaincre un nouveau jury sur l’intention et obtenir des peines allégées. La réponse ne viendra qu’avec l’audience d’appel, dont le calendrier reste à faire connaître.
Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Sora Shimazaki. Licence Pexels.

