Jon Rahm et LIV Golf : une séparation annoncée devant un juge des faillites
Ce n’est pas le joueur mais son avocat qui a révélé la rupture, lors d’une audience sur la restructuration de la ligue saoudienne, placée sous le chapitre 11 de la loi américaine.
Jon Rahm ne fera pas partie de LIV 2.0, la formule que la ligue saoudienne prépare pour 2027. L’information n’est pas venue du joueur lui-même. C’est son avocat, John Beck, qui l’a exposée devant la justice américaine des faillites, au cours d’une audience consacrée à la restructuration de LIV Golf.
En bref
- L’information n’est pas venue du joueur lui-même.
- Son contrat est estimé à plus de 300 millions de dollars, et certains médias avancent un montant proche de 450 millions.
- Son cas montre combien les contrats signés au plus fort de la rivalité entre les circuits pèsent désormais sur la restructuration.
Une rupture annoncée au tribunal
D’après rds.ca, l’audience se tenait dans le New Jersey, sous la présidence de Michael B. Kaplan, juge chargé des faillites. John Beck exerce au cabinet Dentons US LLP, indique atalayar.com. Le cadre a de quoi surprendre : le choix de l’un des joueurs les plus en vue du circuit a été rendu public dans une procédure judiciaire, sans communiqué ni conférence de presse.
Selon son conseil, l’Espagnol a étudié seul ce que proposait la future ligue et n’a pas accepté ces termes. Il ne prendra donc pas part à cette nouvelle version du circuit.
L’avocat a ajouté que les deux parties négociaient un accord pour organiser leur séparation. Le tribunal doit ensuite se prononcer sur cette solution lors d’une audience fixée au 5 novembre 2026.
Un pari spectaculaire en décembre 2023
Le départ de Rahm vers LIV Golf avait surpris le monde du golf. Avant de signer, l’Espagnol avait affiché à plusieurs reprises son attachement au PGA Tour, rappelle Golf Planete, qui retrace ces quatre années. En avril 2023, il avait remporté le Masters, puis contribué à la victoire européenne à la Ryder Cup de Rome.

Il a rejoint la ligue en décembre 2023 et il est apparu pour la première fois sous ses couleurs le 7 décembre. Son contrat est estimé à plus de 300 millions de dollars, et certains médias avancent un montant proche de 450 millions. Il avait alors expliqué ce choix par la volonté d’offrir à sa famille la plus grande sécurité possible.
Sur le circuit saoudien, il a porté les couleurs de l’équipe Legion XIII, aux côtés de Tyrrell Hatton. Il a terminé en tête du classement individuel de LIV Golf trois saisons de suite, en 2024, 2025 et 2026, avec quatre victoires à la clé. À 31 ans, il compte deux titres du Grand Chelem. Ce palmarès explique le poids de son départ pour une ligue qui cherche à se relancer.
Une ligue en restructuration
Le fonds souverain saoudien PIF, qui avait investi 5 milliards de dollars dans le projet, s’est retiré avant l’été 2026. LIV Golf a ensuite demandé, en septembre, la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. Cette procédure permet à une entreprise de se réorganiser sous le contrôle d’un juge plutôt que d’être liquidée. La formule envisagée pour 2027 porte le nom de LIV 2.0.
Ces montants ne recouvrent pas le même périmètre. La créance de 7,5 millions de dollars figure dans la procédure de faillite, selon Golf Planete. Le chiffre de plus de 100 millions de dollars provient du Financial Times et porte sur l’ensemble des sommes dues au joueur.
Les options de Rahm après LIV
- PGA Tour : un retour n’est pas acquis. Brian Rolapp, directeur général du circuit américain, a indiqué le 15 septembre que le dispositif permettant aux anciens membres de revenir ne serait pas relancé. Rahm, Bryson DeChambeau et Cameron Smith seraient concernés. Brooks Koepka en avait bénéficié en janvier.
- DP World Tour : Rahm en est membre et peut y disputer des tournois.
- Open d’Espagne : il a déjà gagné deux fois cette épreuve. Il a renoncé à l’édition disputée au Club de Campo de Madrid, en invoquant la naissance de sa fille.
Un créancier de premier rang
Le départ du joueur le plus titré de LIV Golf intervient alors que la ligue doit convaincre ses créanciers et le tribunal que sa nouvelle formule tient debout. Rahm n’est pas seulement une vedette qui s’en va : il figure aussi parmi ceux à qui la ligue doit le plus d’argent. Son cas montre combien les contrats signés au plus fort de la rivalité entre les circuits pèsent désormais sur la restructuration.
Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Martin Magnemyr. Licence Pexels.

